Publication Ici Roussillon le 21/07/2025

A Perpignan, l’interminable bras de fer concernant l’avenir de la rue de la Cloche d’Or

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L’une des entrées de la rue de la Cloche d’Or à Perpignan © Radio France – Simon Colboc

Simon Colboc

Publié le lundi 21 juillet 2025 à 20:56

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Le tribunal administratif de Montpellier vient d’annuler le rachat de plusieurs fonds de commerce par la ville de Perpignan, via son droit de préemption. Le propriétaire lui dénonce « une préemption politique pour barrer la route de Nasdas » et compte réclamer douze millions d’euros à la ville.

Le match n’est pas terminé mais pour l’instant : Chukri 1, Mairie 0. Si le projet de vente d’Abi-Nader Chukri n’a pas abouti, l’homme d’affaires reste quand même propriétaire de plusieurs baux commerciaux rue de la Cloche d’Or, une des rues qui symbolisent les difficultés du centre de Perpignan. Les juges du tribunal administratif de Montpellier viennent en effet de rejeter le rachat par la ville de Perpignan, via son droit de préemption, de cinq baux commerciaux (des numéros 18 à 24).

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Pour justifier cette préemption, en juin 2022, le maire Louis Aliot avait évoqué, en conseil municipal, ses « craintes d’une vente à des sociétés qui ont en commun de faire de la restauration halal ». « Pour préempter, il faut remplir plusieurs conditions et notamment justifier d’un projet précis, avance Me Tadjdine Bakari-Baroini, l’avocat de la société ESKIS dirigée par Abi-Nader Chukri. Les juges ont émis un triple motif d’annulation. C’est assez net à ce stade« .

Du côté de la mairie, Farid Belacel confirme que la ville va faire appel de cette décision. Le directeur général adjoint des services met en avant « le travail de revitalisation déjà effectué rue des Augustins et sur une partie de la rue de la Cloche d’Or en soutenant notamment l’implantation de la maison du vélo« . Farid Belacel affirme aussi que la mairie « a été empêchée d’avancer » à cause des loyers non-versés aux propriétaires des bâtiments. « Est-ce à la ville et aux contribuables perpignanais de régler plusieurs centaines de milliers d’euros d’arriérés de loyers ? Je ne crois pas« .

« La menace Nasdas ? »

Dans une lettre adressée à plusieurs médias, Abi-Nader Chukri lui balaie ces arguments et dénonce « des écrans de fumée« . L’homme d’affaires qui voulait faire de cette rue de la Cloche d’Or une rue gourmande avant de se raviser et de mettre en vente tous ses biens parle une nouvelle fois de « préemption illégale et coup politique grossier pour barrer la route de Nasdas« , le célèbre influenceur de Perpignan, star du réseau Snapchat, dont le nom a souvent été associé avec ce projet de rachat.

« On avait la chance extraordinaire de s’appuyer sur un Nasdas engagé qui aime sa ville et qui voulait lui rendre ce qu’elle lui a donné. Un Nasdas qui voulait promouvoir Perpignan plutôt que Dubaï ? C’était une occasion en or pour la Cloche d’Or. Mais il fallait compter avec la mesquinerie d’un duo (Louis Aliot et son ex-directeur de cabinet Stéphane Babey, NDLR) qui préfère un centre-ville vide à une place vibrante… parce qu’ils y voyaient une menace électorale,  » écrit Abi-Nader Chukri.

Chukri réclame 12 millions d’euros de compensation à la ville

Contacté par Ici Roussillon, l’homme d’affaires se dit « confiant » pour le procès en appel et annonce vouloir déposer plainte « pour entrave illégale » contre la ville de Perpignan et réclame déjà douze millions d’euros. « Je reverserai cette somme à des associations de Perpignan. Ce n’ets pas une question d’argent mais d’honneur« , explique Abi-Nader Chukri.

En attendant le procès en appel, il est peu probable que les choses bougent au niveau des commerces et bâtiments gérés par Chukri, à l’une des entrées de la rue de la cloche d’Or. « C’est regrettable car certains mettent beaucoup d’énergie pour relancer le commerce dans cette rue mais quand on voit les bâtiments délabrés, tagués, les rideaux baissés, ça ne donne pas envie aux perpignanais ou aux touristes de venir dans cette rue« , remarque Kévin Filia, propriétaire du salon de thé au numéro 14.

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